Fil d'Ariane

Notre-Dame de Lorette (Loreta)

Ce lieu de pèlerinage du culte de Marie abrite une copie de la « Santa Casa » ainsi qu’une église baroque de la Nativité entourée d’un cloître et de plusieurs chapelles. Le clocher contient un carillon à 27 clochettes qui jouent l’air de « Nous te saluons, ô toi Notre-Dame » (toutes les heures de 9 h à 18 h). Mentionnons également le trésor de Lorette, un ensemble d’objets de culte datant du XIVe au XVIIIe siècle, et dont la pièce maîtresse est le célèbre ostensoir orné de 6 222 diamants.

  • Monuments & architecture
  • Églises
  • Baroque

Horaires d'ouverture

    • Novembre – Mars
    • Toute la semaine
    • 09.30 – 16.00
    • Avril – Octobre
    • Toute la semaine
    • 09.00 – 17.00

Prix de l'entrée

  • Plein tarif 150 CZK
  • Tarif réduit 130 CZK
  • Tarif familial 310 CZK

Infos pratiques

EXPOSITION

  • Le trésor de Lorette – salle du trésor : objets et dons des XVIIe et XVIIIe siècles
  • Expositions temporaires
  • Chapelle de Lorette (Sainte Maison de Lorette) / Copie de la Sainte Maison de Lorette, en Italie
  • Église de la Nativité / Un édifice baroque aux magnifiques intérieurs rococos

Pas de visite guidée
Guide audio : 150 CZK – tchèque, anglais, allemand, français, russe, espagnol, italien
Brochures en langues étrangères sur l’histoire du site et l’exposition
Photographies autorisées après règlement d’un droit de 100 CZK

CARILLON BAROQUE DE LORETTE

  • Ce carillon comporte 30 cloches dont seules 27 fonctionnent.
  • C’est l’unique carillon de type hollandais en République tchèque.
  • Le carillon sonne toutes les heures de 9 h à 18 h et joue un seul air de trois minutes : l’hymne à la Vierge Marie « Mille fois nous te saluons ».
  • Des petits concerts de carillon ont lieu pour les visiteurs chaque dimanche – le samedi, petits concerts de musique baroque pour orgue (en été, début : 15 h et 15 h 30).

OFFICES

Église de la Nativité dim et jours fériés 19.00

 

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Contacts

  • Notre-Dame de Lorette (Loreta)
  • Loretánské náměstí 7
  • 118 00 Praha 1- Hradčany
  • +420220516740

Programme

Historique

Le nom de Lorette est issu d'un lieu de pèlerinage italien où se trouve Santa Casa - La sainte maison de Lorette. Selon la tradition chrétienne, c'est dans cette maison que l'Archange Gabriel serait venu annoncer à Marie de Nazareth qu'elle deviendrait la mère de Jésus. Marie quitta Nazareth avec Joseph pour se rendre à Bethléem où elle donna naissance à Jésus, mais plus tard, elle retourna dans cette maison. Peu de temps après la mort de Marie, la Santa Casa devint un lieu de culte. Elle fut cependant considérablement endommagée au moment de l'invasion des Sarrasins (musulmans arabes) venus de Palestine. En 1291, lorsque l'armée des Croisés quitta la Palestine, un miracle eut lieu. Les anges transportèrent la Santa Casa en Dalmatie, puis dans un bois de lauriers de la ville italienne de Loreto dont le nom était issu du latin Laurentum (Laurus - laurier). Des fouilles archéologiques ont confirmé qu'une partie des murs est effectivement identique à celui de la maison de Marie à Nazareth, mais il est fort probable que le Pape l'ait lui-même fait transporter au cours du 13e siècle. Des Lorettes furent édifiées selon le modèle italien de l'architecte Donato Bramante dans de nombreux autres pays catholiques d'Europe. En République tchèque, cette tendance s'instaure suite à la défaite de la Bataille de la Montagne Blanche en 1620.

La Santa Casa de Prague est édifiée selon le modèle de la Sainte Maison de Lorette que le cardinal Diettrichstein avait fait construire à Mikulov et que la comtesse Catherine Benigna de Lobkowicz avait beaucoup admirée. Le terrain de la Santa Casa pragoise est offert par la famille de Lobkowicz et l'administration spirituelle confiée à l'ordre des Capucins. L'architecte viennois Giovanni Battista Orsi se charge des travaux qui sont ensuite achevés par Andrea Allio. Commencé en 1626, l'édifice est consacré en 1631 par le cardinal Harrach, mais les travaux se poursuivent encore pendant de nombreuses années.
La Santa Casa, sous laquelle la comtesse de Lobkowicz souhaita que sa famille repose, se dresse au centre d'une cour entourée de 6 chapelles. L'édifice est ornementé de bas-reliefs que Giovanni Bartolomme Cometa exécute selon des originaux de Sansovin. L'un des ces bas-reliefs illustre la légende selon laquelle la maison aurait été transportée par des anges. À l'intérieur, une niche argentée de 110 cm de hauteur abrite une sculpture en bois de tilleul de la Vierge Marie de Lorette et de Jésus qui date des années vingt du 17e siècle. Avec les années et sous l'effet de l'éclairage aux bougies, le bois a terni pour devenir encore plus semblable à l'original italien en bois de cèdre. Une fissure artificielle imite celle qui se trouve dans l'église italienne et qui aurait été causée par la foudre ayant réveillé les villageois au moment où un voleur entrait dans l'édifice.

Au-dessus de la grille de Santa Casa se trouve l'inscription latine
EN. LOBKOVIZIANOS. TV. PIA. VIRGO. REGE.
Celle-ci peut être traduite de plusieurs façons :
Vierge bien aimée, protège la famille de Lobkowicz !
Oh toi, Vierge adorée, montre le chemin aux Lobkowicz !
Oh toi, Vierge Pure, guide les Lobkowicz !
Oh toi, Vierge Sainte, veille sur les Lobkowicz !

En 1634, Orsi commence la construction du rez-de-chaussée de la galerie de cloître et du bâtiment en façade. La salle des trésors date de 1683. Entre 1710 et 1717, Kryštof Dienzenhofer aménage des chapelles dans des renfoncements du cloître ainsi que le bâtiment en façade qui est terminé par son fils Kilián Ignác. C'est également ce dernier qui construit le deuxième étage de la galerie de 1747 à 1750. L'achèvement de la façade en 1724 est marqué par l'installation des insignes des donateurs Filip Lobkowicz et de son épouse Eleonora Karolína, œuvre de Jan Bedřich Kohl. Kohl est également l'auteur de certaines des statues du complexe (saint Félix, saint François, saint Antoine, saint Jean Népomucène).
Parmi les chapelles du cloître, la plus connue est la Chapelle Notre-Dame-des-Douleurs dont l'autel principal contient le plus ancien groupe de statues de l'ensemble du complexe, une Piéta gothique de la première moitié du 15e siècle. Dans l'un des autels latéraux, sainte Starosta, barbue, est crucifiée. La légende dit qu'elle avait prié pour qu'une barbe lui pousse car elle souhaitait ainsi déplaire au païen que son père lui avait désigné comme époux. Furieux, son père l'avait fait crucifier. La chapelle est encore ornementée de fresques de Félix Antonín Scheffler qui est aussi à l'origine des 47 tableaux symboliques (1750) qui illustrent la litanie de Lorette et des fresques des coupoles des chapelles Sainte-Anne et Sainte-Croix. Les chapelles Saint-François-Séraphin et Saint-Antoine-de-Padoue abritent des autels ovales de couleur or-blanc de Matěj Václav Jäckl. Le premier de ces deux autels comprend un tableau de style baroque culminant de Petr Brandl : La Stigmatisation de saint François. Kryštof Dienzenhofer est à l'origine du remaniement de ces deux chapelles.
Des deux côtés de Santa Casa, dans la cour intérieure, les groupes de statues des fontaines évoquent l'Assomption de la Vierge Marie et la Résurrection du Christ, leur auteur est essentiellement le sculpteur Michal Jan Brüderle qui décéde cependant avant de les achever, le travail est donc achevé par Richard Prachner.
L'église de la Nativité, dont l'autel porte un tableau du même nom, est née de l'élargissement de la chapelle centrale de la galerie est. Marie Markéta Valdštejn, née Černín de Chudenice en finance les travaux qui sont réalisés de 1734 à 1737 sous la direction de Jan Jiří Aichbauer. L'église est un bâtiment baroque typique doté d'un intérieur Rococo. Les travaux de sculptures sont de Matyáš Schönherr (autel principal, chaire, oratoire, quatre statues situées sur les côtés de l'église et deux autels latéraux) et de Michal Jan Brüderle (quatre paires d'anges dans les autels latéraux). Les voûtes de l'église présentent des fresques qui évoquent la Naissance de Jésus, l'Adoration des rois mages (Jan Adam Schoepf) et le Sacrifice de Jésus (Václav Vavřinec Rainer en 1738). Le tableau de sainte Agathe et de sainte Apolonie est d'Antonín Kern.
La balustrade et ses anges en grès qui entourent la terrasse en façade sont d'Ondřej Filip Quittainer (la plupart ne sont plus aujourd'hui que des copies). La façade est dominée par une tour de 1693 particulièrement remarquable par son célèbre carillon dont le son retentit pour la première fois le 15 août 1695. Financé par un négociant de Mala Strana, Eberhard de Glauchov, sa conception revient à l'horloger Petr Neumann (1694) et ses cloches sont le travail d'un fondeur hollandais Claude Fremy. Les cloches sont fixes et retentissent sous le choc de marteaux actionnés par un clavier, vingt-sept d'entre elles forment une gamme de deux octaves et quart, trois autres ne sont pas reliées au mécanisme. Le carillon est composé de deux systèmes, le premier est dirigé par un mécanisme d'horlogerie qui, chaque heure, joue la chanson mariale « Mille fois nous te saluons », le second est contrôlé par un carillonneur qui peut jouer de nombreux morceaux dans la gamme d'octaves proposée. Les cloches sont rénovées dans les années 90 du 20e siècle par l'atelier de Maître Manoušek de Zbraslav.
En janvier 2002, le cardinal et archevêque pragois Miloslav Vlk éleve l'église de la Nativité et sa chapelle de Lorette au rang d'église de pèlerinage de la Province des capucins.

La légende de la création du carillon
Il était une fois une veuve qui vivait dans la rue Nový Svět avec ses enfants dont le nombre était identique au nombre de cloches de Lorette. Elle conservait pour eux les pièces d'argent que leurs parrains leur avaient offertes et qu'ils devaient obtenir à l'âge adulte. La famille fut cependant atteinte par la peste et les enfants commencèrent à mourir les uns après les autres. La mère prenait toujours une pièce pour payer les funérailles et il lui restait toujours suffisamment pour faire sonner le glas à l'une des cloches de Lorette. Et lorsqu'elle accompagna son dernier enfant, elle tomba également malade. Alors qu'elle se plaignait que personne ne pourrait plus l'accompagner dans son dernier voyage, toutes les cloches du carillon émirent une belle mélodie. Elle les écouta et y reconnut les voix de ses enfants et c'est ainsi que, le calme et la paix revenus, elle put s'endormir à jamais.

Le trésor de Lorette
Kateřina de Lobkowicz fit don à la Lorette d'une fortune qui constitua la base du trésor de Lorette. Ce don permit également d'édifier au rez-de-chaussée une salle du trésor (1683) qui fut par la suite remaniée par l'architecte Josef Mocker en 1882. En 1962, une toute nouvelle salle du trésor ouvre ses portes au premier étage suite à des travaux réalisés selon un projet de l'architecte Karel Vacek. Les objets du Trésor de Lorette sont essentiellement des ostensoirs, des calices, de petits autels, des miniatures et autres objets votifs des 17e et 18e siècles. Le plus ancien est un calice gothique de l'année 1510 offert par Kryštof Ferdinand Popel de Lobkowicz alors que le plus connu est un ostensoir de diamants appelé le Soleil de Prague. Celui-ci est un don de la comtesse Ludmila Kolowrat dont le testament indiquait qu'elle souhaitait léguer à l'église de Lorette un ostensoir qui devait être fabriqué avec les 6500 diamants qu'elle avait reçus de son mari de 35 ans plus jeune au moment de son mariage. Des joailliers viennois créèrent donc cet ostensoir en 1699 selon le projet de Jan Bernard Fischer d'Ehrlach. Tout en argent doré, d'un poids total de 12 kg, il est ornementé de 6222 diamants, les autres ayant servi à payer le travail. La couronne de l'ostensoir est conçue comme un soleil. Au-dessus du globe terrestre avec nuages, sur une demi-lune à visage humain, sainte Marie l'Immaculée est entourée de 12 étoiles. Au cœur de cette couronne, le Saint Esprit est représenté sous forme d'une colombe blanche en émail. La deuxième pièce la plus exceptionnelle de ce trésor est un Ostensoir à anneaux orné de bijoux légués à Sainte Marie Lorette (environ 500 diamants, deux cents rubis, des émeraudes, des perles etc.) et de treize camées octogonaux portant les portraits des souverains de la famille des Habsbourg. Le trésor contient encore un Grand ostensoir à perles orné de rideaux de perles et de diamants, un Petit ostensoir à perles avec des fleurs blanches émaillées et de superbes perles, ainsi que de nombreux autres objets rares.

 

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Information source: www.loreta.cz